Show must go on

Hier jeudi, je me suis refait une petite attaque de panique au taf. Douleur intense et sournoise à la fois dans la poitrine, le dos bloqué, les épaules coincées, les jambes lourdes et une grosse boule d’angoisse en travers de la gorge. Vers quatre heures, je n’ai pas eu le temps de manger ma pomme et n’y tenant plus,  je suis monté voir mon chef pour lui dire que non, décidément Mon Boss et lui ne m’avaient pas écouté au cours des trois réunions que nous avions eues ensemble depuis mon accident. La préoccupation majeure de mon Boss (et ça se défend) c’est que le boulot continue de se faire. Alors on a défini des périmètres, un cadre de travail pour me ménager, pour me permettre une respiration. C’est du moins ce que je croyais. Après avoir avoué mes faiblesses à mon Boss, que non je n’étais pas un surhomme, que non je ne savais pas tout faire et que oui je paniquais à l’idée même que l’on s’en aperçoive, il a balayé d’un revers de main tous mes maux pour me fixer de nouveaux objectifs complètement surréalistes d’ici la fin du mois.

Dans le monde du travail, on se doit d’endosser le costume de l’efficacité, de jouer son rôle, de porter un masque et quand par un effort surhumain on arrive à visage découvert (la peur au ventre) le Boss détourne le regard et fait la sourde oreille. Dans le monde du travail on n’enregistre pas les états d’âme. Dans le monde du travail on ne permet pas à l’employé de retrouver l’estime de soi. Alors qu’on arrête de nous bourrer le mou avec des soit disantes « relations humaines ». Naïvement je pensais franchir un nouveau cap en faisant coïncider mes deux personnages, celui du taf en représentation perpétuelle et celui d’un Pascal moins bravache et plus sincère.

Comme je n’ai convaincu personne sur cette nécessité, je me suis précipité chez le toubib sans rendez-vous (comprenez attendre deux à trois heures son tour) pour qu’enfin quelqu’un puisse me voir en situation de détresse. C’est donc avec les mâchoires serrées, une barre sur la tête et une respiration contrite que Gérald mon bon toubib a bien confirmé par un alarmant « je vois ça » que je ne me sentais vraiment pas bien. Parce que mon problème, c’est qu’une fois la crise passée, je retrouve suffisamment de tonus pour donner le change. Je ne suis pas convaincant lorsque j’effleure la possibilité de la dépression. Non. On me prend toujours pour un garçon un peu trop chochotte qui se la raconte ou qui s’écoute un peu trop tout de même. Hier jeudi, mon toubib m’a prescrit mes premiers antidépresseurs en plus des anxiolytiques. On est passé dans la catégorie « lourd ».

Je ne sais pas si c’est lié mais hier soir j’ai jeté un œil sur la Nouvelle Star pour la première fois de cette saison. J’aurais pas dû! Bah… Le jury est navrant, la potiche ne sert à rien, la foule hystérique avec pancarte qui se trompe de candidat à soutenir est … hystérique. Et j’ai donc découvert une grosse rouquine, Luce de son prénom, aux joues roses en superbe manipulatrice, un François pas si sexy que ça, et un Ramon pas convainquant. La loose totale, même que j’ai loupé la soupe de langue des deux mecs !

Y’a des jours comme ça, où rien ne va!

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~ par PascalR sur 11/06/2010.

11 Réponses to “Show must go on”

  1. Les patrons sont tous les même, mis à part quelques rares exceptions, ne connaissent pas les sentiments ou la compassion, l’humanité tout simplement. Ils ne voient que leur propre intérêt, et leurs sous sous.
    Maintenant je me dis qu’il faut faire son travail du mieux qu’on peut, j’ai été élevé comme ça (si c’est pour faire mal, on fait pas) mais il faut garder ses distances un certain détachement (je sais c’est pas facile) pour se préserver tout simplement.
    A propos des médicaments c’est un soutien mais il doit resté de courte durée, car avec ce genre de produits l’accoutumance est assez rapide et on rentre dans un cercle vicieux. Je sais que tu aimes les cercles vicieux mais pas celui là ok? ;)

    Et oui il y a des jours comme ça ou rien ne va, mais demain est un autre jour!

    Moi en ce moment je suis en vacances depuis une semaine et j’ai l’impression que chaque jour je suis de plus en plus fatigué… pire que si je travaillais. Vivement que je change d’air, dans une semaine le bon air pollué d’une grande ville :o

  2. Faut te tenir debout garçon, la vie est ailleurs qu’au boulot. Ne jamais l’oublier.
    je ne veux pas avoir l’air d’un vieux donneur de conseils, loin de là, mais merde, pour le boulot c’est trop con, y aura jamais de retour de toutes façons.

  3. il m’insupporte à l’extrême d’être agréable, mais voilà tu l’as bien cherché : biz amicale !

  4. oh merde! Olivier ci-dessus a raison… tu crois que tu vas pouvoir tenir longtemps comme ça? N’attends rien en retour, alors prends soin de toi. J’espère que tes vacances (j-10 maintenant) vont te permettre de te détendre, et, qui sait, de faire le point. Tiens bon!

  5. Merci pour les petits mots.
    Vous avez raison, on oublie trop souvent que le travail ce n’est qu’un échange de salaire contre un travail. Point. Ne pas attendre de reconnaissance même si tout le monde fait ça, marche à ça.

  6. Tiens et si je te disais pourquoi j’ai demandé à travailler à 50% ?
    Au mois de décembre dernier (2009), j’ai prévenu que j’étais « à bout », à deux doigts de démissionner ! Que si rien n’était fait, je demandais un mi-temps. Non seulement rien n’a été fait mais cela a empirer. En toute logique, comme il est pas trop question que je me tue à la tache, ayè, j’ai foutu mon boxon dans le service. Mais c’est pas comme si j’avais pas prévenu avant hein…

    • Moi j’avais tenté un temps partiel mais les licenciements économiques (mon collègue) de l’été dernier m’en ont empêché :-(

  7. ça va mieux? pas d’effet secondaire des médocs? allez, c’est la dernière ligne droite « direccio Catalunya »! Tu défiles ce samedi? Et tu mitrailles aussi? enfin, je veux dire en tout bien tout honneur… ou pas…utilises bien tes appareils :-)
    Bonne vacances, je te le souhaite.

    • Ça va bien merci, je n’ai pas eu d’effets secondaires et le doc me trouve moins stressé.
      Samedi je défile bien sûr et je vais sortir le matos :o)
      Merci pour « bonnes vacances », plus qu’une journée à tenir, haaaaaaaa !

  8. Bon, j’arrive après la bataille, mais tant pis…

    Le problème, avec le boulot, c’est quand on a des scrupules. Quand on culpabilise de ne pas réussir ou de ne pas atteindre des objectifs plus ou moins réalistes. En tant que prof d’histoire-géo dans un lycée de « cité », je sais de quoi je parle. Un tiers de mes secondes qui redoublent, un tiers des terminales qui ne rendent pas leur carte de géo à l’épreuve du bac ou qui se contentent d’écrire « Moscou » dessus, ça flingue bien le moral. Après tout, c’est pas comme si j’étais prof principal ou que j’avais passé des heures à refaire mon cours sur la Russie. :’-(

    Alors, la seule solution, c’est de se dire qu’il faut re-la-ti-vi-ser… Qu’on a sa conscience pour soi et qu’on a tout fait pour que ça marche, mais qu’à l’impossible nul n’est tenu.

    • Merci, oui d’accord avec toi, faut re-la-ti-vi-ser.
      Mais c’est quand même vachement plus dur quand on est persuadé être la Reine de tout l’univers :o)

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