Le jour où j’ai été papa d’un blondinet

Ce jour là comme tous les autres jours je reviens de la plage à pied. J’évite maintenant les grands axes bruyants de voitures, de bus et de motos pour emprunter les petites ruelles ombragées et calmes. Vous savez là où il y a du linge aux fenêtres et des tags sur les portes. De Tata Beach à chez moi je mets une petite trentaine de minutes ce qui est très raisonnable. A propos, de l’ancienne plage gay et naturiste ne subsiste qu’un ilot phagocyté par les familles avec poussettes. Ca me gêne un peu pour quitter mon maillot de bain D&G. Alors j’aurai les fesses blanches et ce n’est pas bien grave d’ailleurs il se trouve plein de gens qui aiment ça, aussi.

Je suis presqu’arrivé dans ma rue, exclusivement piétonne, d’où un certain calme mais un calme certain par rapport aux grandes artères de Barcelone, lorsque je me fais doubler par un bambin à fond les manettes sur son petit vélo. Il traverse sans crier gare une première rue sans regarder ni ralentir et manque de se vautrer en escaladant le trottoir d’en face. Je me retourne, je cherche ses parents, je ne vois rien sauf un couple qui me, nous regarde avec le petiot qui reprend sa route comme si de rien n’était.

Je suis le blondinet car il y a une seconde rue à traverser et je commence à baliser un peu. Je me retourne encore une fois, le couple que je prenais pour les parents (ils sont blonds comme le petit) semblent soulager de voir que je suis là. Mais non, merde ! Je ne suis pas le père de ce fou furieux !!! Et ils se barrent m’abandonnant avec Speedy Gonzales.

Je presse le pas et au moment où « mon » blondinet commence à descendre le trottoir, je lui pause la main sur l’épaule et lui dit en français (ce qui est complètement crétin, je le reconnais bien volontiers) « Nan mais ça va pas mon bonhomme, tu vas où comme ça ? »

Ca a dû faire son petit effet, car Raymond Poulidor est stoppé net dans son élan. Il me regarde fixement dans les yeux et ne bouge plus. C’est malin ça, je vais devoir le ramener à Paris comme Angelina ou Madonna savent si bien le faire. Bon, j’ai réussi à le neutraliser et je cherche désespérément ses parents, un parent proche, même un cousin éloigné mais quelqu’un qui le connaît. C’est la folie totale, il n’y a strictement personne qui crie un nom, qui court la peur au ventre pour retrouver ce petit con !

Le temps s’est arrêté pendant je ne sais combien de minutes, mon regard revenant toujours se poser sur le petit qui ne bouge plus mais qui me fixe toujours intensément. Bordel de merde, comment je vais faire pour m’en occuper, il est propre au moins ?

Et puis, par magie, tout doucement une femme se ramène sans se presser, lui dit deux mots sans élever la voix et reprend possession de son mouflet. J’ai vérifié avant qu’elle ne me le vole qu’elle pouvait être bien sa mère car elle est brune mais elle a bien les yeux bleus du petit.

Ouf !

~ par PascalR sur 13/07/2010.

13 Réponses to “Le jour où j’ai été papa d’un blondinet”

  1. C’est bien de ne pas avoir passé ton chemin comme si de rien n’était, je suis fier de toi! Une belle conscience. Un bon futur papa ;)
    Je t’épouse et tu seras la maman de mes enfants :o)

  2. J’ai franchement souri. Joliment vécu et si bien raconté.

  3. Ça fait du bien de rire dès le matin… Le « Il est propre, au moins ? » est un pur délice ! Bravo pour ton style.

  4. Un p’tit coup sec derrière la nuque, ça l’empêchera de recommencer.

  5. @Churchill : bah oui déjà que j’ai du mal avec une litière de chat!
    @Mich’ : On ne frappe pas les enfants ou alors en douce!

  6. ouf, en lisant le titre j’ai cru que tu faisais les sorties de collèges/ lycées!
    Au moins, là tu changerais vraiment de vie! Et tu pourrais exiger tous tes mercredi et vendredi après-midi de libre!

  7. Han! Mais tu es horrible :o)

  8. M’enfin t’es conne ou quoi, la blonde C’ETAIT Madonna!!!!!!…. si ditom passe pas là tu vas morfler!

  9. Donc, pas de petit blond dans la valise… même pas un petit brun ramené du Dietrich?? Bon retour quand même. Maintenant, après les polas sponsorisés par toutes les marques de cava catalans, tu vas pouvoir nous régaler des prises du canon… allez hop au boulot!

  10. @Fab : Merdum, j’ai loupé Madonna, je me les boufferai! Ditom est en vacances mouha ha ha ha ha, même pas peur!

    @Jérôme : Le Dietrich n’est plus l’ombre que de lui même, en un mois je passais tous les soirs devant, c’était désert. Faut dire que la concurrence est rude, même le Punto Bar ne fait recette que le samedi soir. (Le métro est blindé au vu de la file d’attente à l’extérieur)
    Je n’ai plus de Canon depuis pfftttttttt ;o)

    • bon, tant pis, ce sera l’occasion de revoir mes classiques!et la marque de l’appareil (le gros machin que t’as trimballé en plein cagnard, tu sais bien) ne change rien à ma demande de voir les photos!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :