Alors, c’était bien la plage ?

Bon bah ça y’est, les quatre semaines sont passées à une vitesse supersonique mais heureusement ce n’est pas comme si je n’avais rien vu. Je suis content d’être rentré pour mettre en chantier ce à quoi j’ai cogité vautré sur le sable les pieds dans l’eau (mon rêve était trop beau…). Mais bon là, j’ai comme un petit coup de blues. Ça fait toujours bizarre de perdre une dizaine de degrés et de ne plus chausser ses tongs et ses lunettes de soleil au petit matin vers 11h00 une fois que tu as débarqué à Paris. Et puis, il y a comme un jet-lag, vouloir s’endormir obstinément la première nuit à minuit est tout simplement impossible, c’est beaucoup trop tôt! Alors on a les yeux grands ouverts encore à 2h00 du matin et on ne fait pas son malin!

Barcelone a bien changé depuis mon dernier été ou alors c’est moi. Dans ma mémoire tout était beau, vif, magique. Ok, le soleil, la chaleur, la plage tout est en place pour un séjour balnéaire réussi. Mais j’ai découvert une ville très sale, blindée de touristes rougis par le soleil d’une vulgarité sans nom ou plutôt si, elle porte le nom de « Sans Gêne ». Voilà. Tous ces gens sont d’un sans gêne que la municipalité a mis en place une campagne d’affichage gigantesque implorant aux touristes de ne pas pisser partout (ni chier d’ailleurs) (l’amende étant comprise entre 180 euro et 1125 euro) et si possible de ne pas briser le mobilier urbain. « En Barcelona todo cabe pero no todo vale« .

Alors j’ai fui les grandes artères commerciales grouillantes et bruyantes (Les Ramblas c’est de pire en pire)  pour arpenter la ville par les petites rues. Attention aux clichés, elles ne sont pas toutes adorables avec le linge aux fenêtres, tout ça. Les tags ont envahi tous les murs et les portes. Je ne me souvenais pas qu’il y en avait autant. C’est limite agaçant! Heureusement mon quartier, El Born pour ne pas le nommer, est un havre de paix. Des boutiques design partout, des fringues trop de la balle, des bars et des restos très hype et puis il y a aussi des fauteuils occupés par des papy et des mamies en soirée.

Mais Barcelone reste Barcelone. Et qui dit Barcelone dit Gaudi. Je suis donc retourné voir la Sagrada Familia. Deux fois même! A cause d’une sombre histoire de panne d’ascenseur alors que j’étais presque arrivé (Même pas dix mètres de queue devant moi). Obligé d’y retourner le lendemain. Et là c’est un peu l’arnaque, de mon temps on pouvait monter à pied l’escalier pour faire une transversale sur les hauteurs puis redescendre par le deuxième escalier. C’était assez jouissif. Maintenant tu raques pour le billet et pour le ticket de l’ascenseur qui est obligatoire. Là où tu pouvais glander une heure la tête dans les nuages en contemplant Barcelone à tes pieds maintenant en vingt minutes la visite est torchée. Mais bon, sur les touristes, éternelles vaches à lait de la cathédrale inachevée, la Sagrda Familia fait toujours son petit effet.

J’ai ajouté cette année à mon périple de touriste en goguette le Palau de la müsica de Catalana. Un petit truc rikiki qui vaut le coup d’être vu pour sa fameuse coupole retournée. C’est une visite guidée d’une heure en anglais, en espagnol ou en catalan. J’ai pris espagnol, j’ai rien capté mais la dame avait l’air tellement gentille. Par contre je n’ai pas eu le courage de me taper les files d’attente pour la casa Milà et Battlo. J’y suis bien allé les voir au bord du trottoir et pis c’est tout. Par contre le délirant parc Güell (que je me remémorai plus grand) et Montjuïc avec son MNAC (j’y ai vu une expo photos des années 30 assez bluffante) ont reçu mes faveurs non sans un certain plaisir. Et cette année je me suis offert la visite inédite du plus beau musée du monde d’après Nano, le MACBA. Expo foutage de gueule à tous les étages réussie, en plus on n’a même plus le droit de photographier le lit accroché au mur de l’entrée.

Bref, bref sur ces vingt sept jours (28 ça dépassait lors de la réservation en ligne) à part ces quelques virées citées ci-dessus j’ai fait de la plage à temps plein. Et j’ai très bien fait.

J’ai très bien fait parce qu’aujourd’hui encore je peux exhiber un bronzage parfait (sans aucune rougeur ni pelure immonde) et une trace de maillot absolument bandante (si, si) (non pas de photo) Et puis comme je l’ai écrit en introduction (non toujours pas de photo) cela m’a permis de réfléchir (oui, c’est possible) entre une baignade et une douche à mon projet professionnel. A priori la meilleure issue pour moi c’est la pratique du shiatsu mais il faut que je fasse des calculs de malade pour savoir si je peux payer le loyer et rembourser trois prêts immobiliers en touchant des revenus divisés par cent mille.

Enfin j’ai très bien fait car sur la plage de Sant Sebastia (autrefois la plage exclusivement gay et naturiste) on se repose les yeux sur des anatomies de bombasses de folie, je ne vous raconte même pas. Si, je vous raconte un peu. C’est bien simple il y a eu des après midi où ma serviette de plage était cernée uniquement par celles de porn stars!  Je suis allé me baigner plein de fois pour refroidir mon émotion. (nan c’est même pas vrai) Si dans la ville je ne supportais pas la proximité avec la foule, sur la plage c’était beaucoup moins ennuyeux. (Sauf à aller mourir étouffer sur le sable brulant de Barceloneta, chose bien évidemment que je n’ai même pas eue en rêve) Néanmoins, la préoccupation de tous sur cette plage coincée entre le fabuleux hôtel W et la plage de Barceloneta (beurk) était la sauvegarde de ses effets personnels rapport aux voleurs. Nous avons été une petite cinquantaine à se donner rendez-vous chaque après-midi en face du poste de police sur la plage. Et par mesure de précaution supplémentaire lorsque le voisin de droite (forcément) te paraissait louche, il était tout à fait naturel de confier à l’autre voisin de serviette (de gauche, donc) ton sac avec toutes tes cartes de paiement, ton fric et tes habits dedans quand tu devais aller te refroidir les coucougnettes. Le service (trois pièces) est bien entendu partagé quand toi tu sèches et que ton voisin en qui tu as toute confiance à envie de faire trempette.

J’ai passé ces quatre semaines à dormir et à marcher, marcher beaucoup (c’est bien simple il restait encore vingt cinq voyages sur ma carte de métro quand je suis parti) J’ai perdu trois kilos sans me priver de bouffe et de boissons légèrement alcoolisées. Le quartier gay s’est énormément enrichi de nouveaux bars, bars-disco au détriment des deux institutionnels que furent le café Punto et Dietrich. Le « Métro » quant à lui ne désemplit pas. Tous des obsédés sexuels.

Bon bah voilà un petit résumé de mon séjour, il manque tous les restos que j’ai découverts (à éviter absolument ce qui fût autrefois une référence le Taxidermista, Place Reial) les petits bars sympa et les plus « lounge », les expos, les glaciers, mon appartement de la mort qui tue, etc. Je suis en pleine forme, j’ai arrêté les anxiolytiques et le docteur à prolonger l’autre médoc. Banzaï!

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~ par PascalR sur 04/08/2010.

6 Réponses to “Alors, c’était bien la plage ?”

  1. Un joli récit de vacances avec de belles découvertes, du repos et du soleil!
    Quand à la propreté des villes estivales, c’est partout pareil
    Dommage il y a pleins de photos mais pas celles qui nous intéressent ;)

  2. Ça donne envie, tiens !

  3. ouais « légèrement alcoolisés » mais l’iphone a vu! Je pense que tu as choisis, grâce au soleil, la bonne solution. Je te dis « merde » pour la suite mais je le sens bien (non, je ne parle pas de Jean Franko à côté de ta serviette!)

  4. Je ne suis pas sûr que ce soit Barcelone qui ait changé… En 2002 j’ai eu exactement la vision de la ville que tu décris aujourd’hui.
    Alors, peut-être est-ce toi qui as grandi?

  5. Ah au fait, t’es toujours aussi pétasse! J’t’en foutrai des coucougnettes au congelo moi.

  6. @G L : Oui c’est certain pour la saleté mais connaissant Barcelone depuis de nombreux séjours, je trouve que là ça devient juste inquiétant. Pour les photos j’ai privilégié en toute modestie l’art au cochon :o)
    @Churchill : Faut absolument y aller au moins une fois dans sa vie.
    @Jérôme : Jean Franko certes mais aussi plein de sosies de François Sagat qui boivent de la bière sur la plage alors que moi non!
    @Ditom : Je crois que je deviens une super-pétasse en fait :o)

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