Pris en otage par des joueurs de base-ball

J’arrive à Saint Louis en soirée. Demain c’est le 14 juillet mais je m’en fous un peu, je suis limite apatride sans le savoir. Grâce à Josiane, je trouve un motel pas trop crade et pas trop loin du centre ville (en english on dit « Down Town » c’est Fab qui me l’a confirmé un jour de grand désespoir par SMS, mais c’est une autre histoire).  Mon objectif est de profiter de la journée de demain pour visiter et me dégourdir un peu les jambes. Et puis, tout de même, Saint Louis Missouri ce n’est pas comme si c’était une petite bourgade, ça claque son teckel, nom d’un chien!

Le soir, je dîne dans un restaurant près des théâtres, je suis le seul blanc dans la salle. Même dans certaines rames du métro parisien, le blanc n’est jamais seul au milieu d’une foule de noirs. Il y a toujours un jaune ou un rouquin qui s’est trompé de ligne. Bah pas là. Sacré découverte avec celle de l’avalanche de condiments proposés sur chaque table, alors que je ne rajoute jamais de sel dans mes plats. Mais sur ce dernier point, j’ai eu confirmation plus tard, que ce n’était pas une coutume locale.

A l’aube, je prends la voiture direction la ville. Je cherche un parking, trouve une place, me gare, note l’adresse, l’étage, la couleur de la zone, le numéro de l’emplacement dans mon iPhone d’amour et en avant l’aventure. Je m’aperçois très vite que le quartier n’est pas si grand que ça et que sans la bagnole je ne verrais pas toute la ville. Trop grande quoi. Pas comme à Chicago où tu peux laisser ta voiture. Bon me dis-je à moi même. Ce n’est pas bien grave je vais prendre mon petit déjeuner au starbuck coffee du coin et j’aviserai ensuite.

Je sors rassasié et je me rends compte qu’il règne une ambiance particulière tout près du « Old Courthouse« . Il y a plein de gens en tee-shirt rouge avec casquette qui se rassemblent autour d’un journal de télévision en plein air. Des interviews sont données, des vedettes viennent prendre la parole au micro sous des applaudissements nourris. Bon, il doit y avoir un truc de prévu dans le coin. C’est que j’ai du flair mine de rien. Ça m’ennuie, je poursuis mon chemin. Mais qu’est ce qu’ils font les autres là en train de dérouler un tapis rouge sur la route ?

Je m’avance et je constate que c’est précisément la rue qui mène à mon parking.  C’est bizarre tout ça. Un grand gaillard m’interpelle. Il veut que je le prenne en photo. Pas de problème, tu veux le truc blanc avec la coupole en arrière plan sur la photo aussi ? Non non! Rien à battre, je veux que tu me prennes en photo sur le tapis rouge. Là! Heu… Je m’exécute (pan!)(raté)(humour)(désolé). Je regarde d’un autre œil ce foutu tapis rouge qui commence à envahir toutes les rues dans le secteur et le plus pire c’est qu’ils mettent aussi des barrières pour couper les routes.

Je-suis en train de comprendre que toute la zone autour de mon parking va être bouclée!! Mazette mais que faire? On va tous mourir! Enfin pas tous et pas tout de suite mais ça me pose un sacré problème. Je fais quoi là maintenant? Je me précipite pendant que j’en ai encore le temps pour fuir cette ville ou bien je reste pour voir ce qui se trame ? Finalement je décide de rester et je me renseigne auprès d’un passant. Pas sûr d’avoir tout compris mais il y a un match de base ball, ce soir. Ha! La super finale! Ha !? Les Cardinals de Saint Louis! Ha haaa !???? All star Game 2009!!!!  Haaaaaa ????????

Bref, va y avoir le match du siècle ce soir. Mais on est que le matin, là !

Et vous allez sûrement pas me croire, mais le seul parking (en vrai le premier que j’ai trouvé) dans lequel j’ai garé la voiture, est précisément le parking West du Bush Stadium, THE stade de Saint Louis! Là où va y avoir aujourd’hui THE match de l’année, le jour pile poil où je débarque! Avouez que j’ai du flair. Bon c’est pas le tout ça mais il faut que je trouve un hôtel pour ce soir, et pas trop loin du parking.

Je n’ai pas trop le choix, car je suis coincé entre le stade et the Gateway Arch sur le Missisipi. Il y a cinq hôtels. Je prends le premier, il y a de la place (ouf!) Je n’ai plus qu’à changer de parking, passer du parking West à l’East géré en partie par l’hôtel. Pendant ce temps, le quartier est définitivement bouclé. Les rues sont tapissées de rouge et barricadées. Je profite de mon après-midi pour « visiter » l’Arche et me balader le long des quais.

Pendant ce temps là, les rues se remplissent de spectateurs qui s’entassent sur les trottoirs. C’est la foule des grands jours. Je file vite à l’hôtel changer de tee-shirt. Les Cardinals jouent en rouge et leurs supporters aussi. S’agirait pas de porter la couleur des adversaires sans le savoir. Et puis branle bas de combat, rumeur dans les rues. L’équipe des Cardinals déboule juchée sur les plate-formes d’énormes pick-up pour saluer son public. Les joueurs avec leurs femmes ou copines et souvent avec leurs mômes saluent la foule hystérique et bon enfant. Les photographes s’en donnent à cœur joie, se grimpent les uns par dessus les autres pour choper les stars. C’est hyper impressionnant de convivialité.

Je demande à un groupe où trouver les colliers de perles rouges qu’ils portent autour du coup, ils m’en offrent deux! Je suis confus mais ravis. Des stands ont été montés dans l’après midi, et je m’offre mon tout premier hot dog de toute ma vie. C’EST UNE TUERIE! En plus ils offrent la bière. Incredible! Je suis étourdi par l’ambiance, la fête, la foule, la fièvre qui monte en attendant l’heure du match. Des écrans géants ont été installés pour les malheureux qui n’ont pas de billets.

54ooo personnes sont venues dans le stade pour suivre le match. En une demie heure il s’est vidé. Les voitures ont quitté les deux parking dans un ordre impeccable. De la fenêtre de ma chambre, j’ai été impressionné par cette organisation béton. Le matin au petit déjeuner, je demande penaud à une jeune femme de l’accueil qui avait gagné le match. Elle me regarde, sourit, rougit et m’avoue qu’elle ne sait pas non plus! On se marre un bon coup comme deux tordus. On est au moins deux à Saint Louis à ne pas connaître le score, c’est rassurant quelque part.

~ par PascalR sur 14/09/2010.

5 Réponses to “Pris en otage par des joueurs de base-ball”

  1. Je me régale !

  2. Mais comment fait-il ce Pascal R pour être toujours sur tous les spots : coupe du monde, il est à Barcelonne, comme par hasard ; les raides RED sont à Saint Louis, il est aux premières loges…
    Autre interrogation à la lecture de cette nouvelle étape du R-Road movie : comment fait-il pour garder la ligne avec cette plongée dans la American Way of Bouffe, arrosée copieusement de Bud, avec toutes ces ingestions liquides et sucrées dont il n’arrête pas de nous narguer avec ses polas ? Moi qui suis au régime hyper – protéiné, je dis que c’est pas juste !

  3. @Olivier Autissier : Moi aussi pour le hot dog :o)
    @DidierR : Ca s’appelle avoir « la Classe internationale », on l’a, ou pas. \o/

  4. Tu étais vraiment seul pour ce voyage ? Tu ne parles pas anglais ? Je suis assez admirative.
    Bon maintenant le problème c’est que ce hot dog me donne furieusement envie alors qu’il est à peine 9 heures moins le quart :(

    • Ha si je confirme, j’étais tout seul. L’anglais que je parle est compréhensible. Mais je ne comprends pas toujours. Mais avec l’expérience d’un malentendant on s’en sort quand même :o)

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