Piscifilesque

Je vais vous raconter, avant de vous quitter, l’histoire d’un p’tit village près de Napoliiiiiii… Mais noooon je rigole. Je vais juste faire mon intéressant après la lecture des deux billets suivants Fourmis, barbotage et angoisse et Brasse glacée. Ce billet est bien évidemment sponsorisé par les deux blogueurs en question.

Enfant, je n’aimais pas la piscine que les choses soient bien claires. Quand je dis « je n’aimais pas » c’est peu dire, je détestais et si je n’ai pas pissé dans mon slip de bain de trouille, je le dois qu’à ma seule fierté d’homme en devenir. Déjà si petit et si fier ça force le respect. Ce n’est pas mère qui m’a poussé à aller à la piscine. Non, elle m’aimait beaucoup trop pour m’infliger tel supplice et en tant que mère moi même, je ne peux concevoir que l’on ne puisse pas aimer un aussi gentil petit garçon comme moi ? (bon en même temps je n’écarte pas la possibilité d’une certaine complicité de sa part).

Mais c’est bien l’Education nationale avec son programme « une ville – une piscine » fût-elle démontable qui est la cause de tous ces traumatismes passés et futurs.

Oui parfaitement, j’ai été traumatisé par ces cours de piscine obligatoires. A l’époque la piscine était démontable, c’est à dire pas une piscine olympique en dure. Mais elle était simplement installée sur cales dans la cour de la mairie. Je me souviens d’un bruit de compresseur continu, d’une bâche, de la vapeur et surtout de cette odeur d’eau de javel tenace qui me hante encore aujourd’hui. (Je suis absolument certain a posteriori que nous avons été forcés de « nager » dans de l’eau de javel pure sinon comment expliquer que ça piquait les yeux ?)

Je ne me souviens pas de « l’épreuve du vestiaire » évoquée par ces deux blogueurs libidineux… Je devais être encore jeune et pur à l’époque. Par contre je tremblais bien de tout mon petit corps dès le passage de la douche froide, obligatoire elle aussi, avant de rentrer dans la piscine. Je claquais littéralement des dents. C’était infernal ce bruit que je ne pouvais pas couvrir par un rire tonitruant de circonstance :  clac clac clac clac clac !

Mais le pire du pire c’est quand le maître nageur agrippait mes doigts soudés aux rebords pour les arracher et me soulever haut en l’air pour me jeter de toutes ses forces dans l’eau. OUI! Vous avez bien lu! Un être ignoble aux jambes velues me balançait au MILIEU du bassin avec une force herculéenne. (Ce n’est que bien plus tard que j’ai commencé à apprécier les films de gladiateurs) Et moi de remuer mes bras et mes jambes comme un caniche, haletant, crachant, toussant, suffoquant, priant, hurlant tout ce que je pouvais pour ne pas mourir noyé. Comme j’ai haï de toutes mes forces ce sale type!

Il paraitrait que ce n’est pas en restant agrippé aux rebords de la piscine que l’on apprend à nager. N’importe quoi ! Je devais probablement savoir nager mais je n’éprouvais pas le besoin de le montrer à la terre entière. J’attendais mon heure de gloire. Et elle arriva!

Quelques années plus tard, je n’avais toujours pas de poils aux jambes, une vraie piscine, avec de vrais vestiaires fut construite dans ma ville et l’Education nationale veillait au grain cette connasse! Rebelote je devais retourner à l’eau une fois par semaine. Mais là, changement de programme. J’avais décidé tout seul comme un grand que je ne claquerais plus des dents et que plus jamais je ne serais parcouru de frissons et que plus jamais ma zigounette ne rétrécirait et que plus jamais je n’aurais froid. ET j’y suis arrivé par la seule force de ma pensée.

Cet handicap franchi haut la main, le passage aux vestiaires curieusement n’était plus un supplice non plus. Tiens, le maître à une grande quéquette, avec des poils ???? Mais le plus incroyable arriva. Je préférais le grand bassin au petit bassin. Je ne savais toujours pas nager et pourtant c’était avec une joie suicidaire et à la grande frayeur des maitres nageurs que je me précipitais du haut du plongeoir pour sauter dans les abîmes sans fonds.

Je savais remonter à la surface d’un coup de pied et ensuite tout comme autrefois je faisais le caniche pour accoster au bord. J’étais complètement barge mais j’aimais cette sensation d’abandon absolu, le grand bleu quoi. Souvent je râlais car un maître nageur me tendait une perche. Nan mais la honte quoi! Une fois hissé sur le bord je courais, alors que c’était formellement interdit vers les marches du plongeoir pour ressauter illico presto dans l’eau.

Je ne suis pas devenu champion de natation pour autant et aujourd’hui je ne vais plus à la piscine (on dit aussi bouillon de culture). Je chope systématiquement toutes les mycoses du monde aux pieds, je porte des lentilles et l’eau stagnante dans les lunettes de plongée me provoque des conjonctivites phénoménales. Et depuis que j’ai des problèmes d’audition tous les spécialistes m’interdisent de mettre ma tête sous l’eau. Je ne parle même pas que j’ai interdiction de nager la brasse rapport à mon syndrome rotulien.

Comme je ne suis pas masochiste, je m’abstiens d’aller à la piscine. Mais pas pour les raisons sanitaires évoquées ci dessus. Sans lentilles (je suis myope) et sans mes prothèses audio (je suis sourd) pour mater et draguer de la bombasse ce n’est pas le pied. Et pourtant si vous saviez…

~ par PascalR sur 23/04/2011.

13 Réponses to “Piscifilesque”

  1. Je ne devrais pas, rapport à mon beau taf à moi que j’ai, hein… mais lire « l’éducation nationale, cette connasse » m’a rempli d’un certain…

    amusement ?

  2. En tant que sponsor libidineux (qu’est-ce qu’il faut pas lire) je persiste à penser que vous êtes un grand malade, Gisèle. Vous imaginer faire le caniche au milieu des eaux est pour moi un grand motif de réjouissance. Merci.

  3. Je suis myope, je porte des lentilles, et ça ne m’a jamais empêché d’aller à la piscine. je mets mes lunettes de piscine,et puis c’est tout (et je n’ai pas d’eau à l’intérieur, mes lentilles ne bougent pas)

  4. En somme tu étais un gamin insupportable. Tu jappais aussi en faisant le caniche ?

  5. Donc t’es vraiment barge de naissance???
    si c’est ça qui traîne à la piscine, je ferai mieux de surveiller mon mari.

  6. on me dit dans l’oreillette de corriger mon commentaire: malgré ses mignonnes petites oreilles, la bombasse a trop de stéroïdes… dernier coup de « cœur » télé de mon mari: http://www.schlag-agentur.de/actors/view/21

    Au fait, t’as pas ta fête en même temps que les cloches?

  7. @Churchil : tout le plaisir est pour moi
    @Joss : J’assume complètement et je me pisse dessus à l’idée de vous avoir fait jouir
    @Patrick Antoine : Oui mais les mycoses ??? Hein! C’est horrible!
    @Tambour Major : Je suis insupportable ! Et non je n’aboyais pas il me restait encore u minimum de fierté
    @Jérôme : Ouiiiiiii! Je suis complètement barge et c’est incurable. Ton mari est bien difficile (nan mais t’as vu ce qu’il a dans le slip ?) Et oui lundi la fête des cloches c’est la mienne aussi \o/

  8. @Pascal: comme diraient certains de tes commentateurs « Vous êtes complètement obsédée,ma pauvre Giselle! Faut arrêter ce nouveau traitement hormonale! »
    Sinon, le 17 mai, c’est la fête de quoi? tu ne devais pas être très attentif au caté…

  9. Mais si je sais bien, le 17 mai aussi. C’est quoi le caté ?

  10. le catéchisme! t’as tout oublié depuis que tu as quitté le giron de la sainte église universelle? ;-))

  11. Mais voyons, le 17 mai, c’est la retraite aux flambeaux organisée dans chaque diocèse par l’évêque et ses sous-fifres en soutane et surplis de dentelle – avec la bénédiction du cardinal Prou-prout – qui accordera des actions de grâces caritatives …(c’est-à-dire que la bière coulera à flot dans tous les bars du Marais, pourvu qu’il y soit érigé un petit reposoir à la gloire de la sainte vierge).
    T’as rien appris au cathé, toi !

  12. @Jérôme : j’y suis même pas allé mouha ha ha ha ha ha
    @MArC-Us : Mais heu, j’y suis pas allé au cathé!!! on peut avoir du champagne à la place de la bière ?

  13. ‘tain la piscine et puis quoi encore, mon brushing bordel ! et puis en espagne non plus la baignade, trop froid, trop dangereux, y p’tête des requins ! mouhaha

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