Au théâtre ce soir

Hier soir je suis allé à la dernière d’une pièce de théâtre. Il y a eu la Première et puis une semaine après la Dernière. Les deux seules représentations les plus chargées émotionnellement dans l’histoire d’une pièce.

Quand Ditom m’a invité, j’ai tout d’abord refusé. J’ai un problème d’intelligibilité même si j’entends les voix; les paroles, les textes, je ne les comprends pas. En tête à tête, je m’aide du contexte de la conversation et de la signature linguale pour comprendre de quoi qu’on cause (je ne lis pas vraiment sur les lèvres mais presque). Mais là au théâtre!!!

C’est mal connaître le petit bonhomme, quand il a eu une idée derrière la tête il ne recule devant aucun obstacle. Et donc je me suis retrouvé avec la quasi totalité des textes à lire avant le spectacle. Déjà rien qu’à la lecture je me suis bien bidonné. J’imaginais les dialogues, les postures, les intonations. Et puis Ditom m’avait réservé la meilleure place, au premier rang, au milieu. Il avait placé une feuille avec écrit en gros « VIP ».

En fait c’est la place que personne ne veut à cause des postillons généreux. Mais je sais que ça venait d’un bon sentiment au départ. Merci!

Et hop c’est parti avec un peu de retard mais le public, constitué exclusivement des amis et de la famille des comédiens et d’une dame qui visiblement attendait Jean Claude Brialy depuis au moins cinquante ans, n’a manifesté aucun signe de mécontentement et ce malgré la non climatisation de la salle et les fonds de teint qui dégoulinaient. Coup de bol pour moi, j’ai eu un siège avec un dossier. Mes voisines ont eu droit à un banc :o)

Et de tout ceci on s’en fout royalement. Moi j’ai adoré. Ou plutôt j’ai été conquis par la troupe constituée exclusivement de femmes à part Ditom et le prof. Onze personnes, autant d’énergie, le double de yeux (vingt deux donc) qui pétillent sous les projecteurs. La maîtrise parfaite des textes a pu laisser la place sans effort apparent aux rires mais aussi aux larmes, aux trémolos dans la voix et aux gueulantes assourdissantes. Le plancher de bois qui craque sous les assauts des coups de pieds colériques.

Non il n’y a pas eu de portes qui claquent ni de décors de Roger Harth. A la guerre comme à la guerre, la petite troupe s’est approprié un banc, deux chaises, une table de jardin et pis c’est tout. Et on a eu aussi le passage d’un vieil halogène qui autrefois éclairait rose et jaune mais bon à force de le balancer par terre comme ça, tu m’étonnes qu’il ne fonctionnât plus.

Le nain Ditom était envoûté, il jouait le coq de basse cour comme personne n’hésitant pas à se dénuder le torse dans des poses lascives inspirées directement des chorégraphies de Madonna-Bribri-Kylie pour le bonheur de toutes les tapioles dans le public et des filles hystériques qui lui lançaient leurs soutien-gorges. A part quelques réserves sur ses excentricités capillaires, une perruque Louis XV et un plaqué gras mouillé raie sur le côté du plus bel effet, je l’ai trouvé plutôt beau et bon.

Mais les filles étaient vraiment très belles aussi. Le casting a dû être sévère. Moi je suis tombé amoureux de toutes sans exception. Les grandes, les petites, les boulottes, les petites jeunettes comme les plus mûres. Fallait les voir emballer leurs numéros en joute verbale, en déhanchés, en robes, en bijoux, en maquillage. Pour séduire elles savent faire, le public a été forcément conquis. Mais ce serait fourbe de ma part de réduire leurs jeux à la séduction.

Il y avait cette étincelle dans leurs yeux, l’envie de bien faire, la joie d’être là qui était vraiment palpable, des complicités qui s’étaient nouées j’imagine au cours de longues répétitions fastidieuses. Tout ça était vraiment réjouissant, jubilatoire. Il y avait les textes bien sûrs mais ce n’était que le support à se faire plaisir et donner du plaisir. J’en veux pour preuve que lorsque je décrochais du texte, il me restait la présence physique sur scène, les émotions qui passaient, les mouvements, les silences. Le texte était alors un prétexte pour moi. Je me suis régalé. Et je le répète, toutes ces femmes m’ont réellement conquis.

Alors il y avait le prof qui s’est dévoué pour jouer des rôles masculins. Ditom ne pouvant pas tout faire! Un jeu plus riche certainement mais qui m’a un poil gêné face à la fraîcheur du jeu de ses élèves. Ditom quant à lui s’est bien démené le galopin. Je voyais bien qu’il était heureux d’être là ce soir sur cette scène. Il n’a pas ménagé sa peine, comme toutes ses copines. Il n’a pas hésité à rire, à pleurer, à gueuler (ça il sait faire!) avec ses multiples partenaires (Il lui faut toutes).

Ils nous ont bien embarqué dans leur folie. C’était beau, c’était bien, c’était émouvant, c’était réjouissant. C’était comme une revue Bonheur de Line Renaud. Et moi je dis B-R-A-V-O !

Quand je pense qu’avant de rentrer sur scène et que le public escaladait les gradins dans un joyeux bordel la petite troupe à l’extérieur pour se donner du courage ont chanté tous en chœur « Moi je veux mourir sur scène » de Dalida ». Ambiance!

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~ par PascalR sur 10/06/2011.

20 Réponses to “Au théâtre ce soir”

  1. Oui. J’ai tout appris à Line. Et croyez-moi Gisèle, ce n’est pas de la tarte d’apprendre à danser à quelqu’un qui boit comme un trou.

    Je suis heureux que tu aies apprécié la soirée. Des bisous.

  2. Vous avez aussi remarqué que j’avais pensé à votre dos. C’est quand même normal, je pense qu’à quatre-vingt quatorze ans et demi, vous étiez la doyenne de la soirée.

    • Vous êtes bien urbaine ma petite Lulu! Alors comme ça j’ai appris que vous avez opté pour cette nouvelle coupe de cheveux. C’est pratique « gras mouillé » vous allez pouvoir faire des économies sur le shampoing.

  3. […] un de mes nombreux petits monsters parle de moi et de mon […]

  4. Non mais Pascal, à croire que tu n’as rien compris.

    On dit pas BRAVO. Juste ‘VO !

  5. A star is born. Mimie Mathy a de la concurrence. lol

  6. Vous allez au théâtre malgré vos problèmes de transit ? C’est risqué, non ?

  7. @Antoine : Mais si que j’ai bien compris, c’est bien pour marquer ma différence, moi je suis sincère, pas comme Jean Claude… le pauvre!
    @Christophe : MDR, et blondes toutes les deux!
    @Raymonde (même pas vraie qu’elle s’appelle Raymonde en vrai) : C’est pas moi qui ai des problèmes de transit c’est Lucienne !

  8. « le public, constitué exclusivement des amis et de la famille des comédiens »

    Et Titi ? Il était là, Titi ? :-)

  9. Ah je regrette fort de ne point avoir été là !

  10. On dit aussi vo-vo-vo-vo-vo-vo (vo avec l’écho tonitruant de la pièce de JMR)
    labise du 6e rang (j’aime pas le premier rang…)

  11. C’est quoi le rapport avec l’illustration de ton billet ?

  12. @Churchill : Titi a été abandonné pendant toute cette soirée!
    @Valérie : Ha bah oui, ça fait un bail que l’on se connaît maintenant! et puis c’était très très bien.
    @Laurent : Tout à fait on parle bien de Jean Michel Rives. a la fin tu ne dis que « o ». Et l’illustration vient du blog de Ditom. C’est un billet écrit à sa gloire, c’est pour ça :o)

  13. Je m’en vais donc visiter ledit Didom

  14. Ta description nous donne l’impression d’y avoir assisté alors….que non ! Superbe vibrato donc (et pourtant avec Ditom pas facile )

  15. Voooooooooo !! Veaaauuuuu !!

  16. @Laurence : Et tu as loupé le striptease de Ditom!
    @Joss : VO OOOOO Ooo oo o o o

  17. Ben oui ok, mais on a même pas le nom de la pièce ….

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