Dépistage HIV

J’ai eu les résultats de mon analyse de sang aujourd’hui. Après le délai de six semaines requis je suis toujours marqué négatif. Le HIV ne s’est une fois de plus pas invité dans mon métabolisme. Et pourtant! La prise de risque a bien été réelle. Six semaines sont passées et il ne s’est pas écoulé un seul jour où je n’y ai pas pensé. Je n’étais pas angoissé pour dire la vérité. Peut-être me suis je rassuré comme j’ai pu, raccroché aux branches d’un scénario que j’aurais moi même écrit.

Je n’ai rien écrit du tout. C’est arrivé comme ça, sans crier gare, on a juste improvisé. Avant de passer à l’acte, on s’est bien inquiété de l’absence de capote. Et puis chacun de son côté, on s’est calculé. Lui pensant à juste titre que je n’avais sûrement jamais pris de risques, les peu de fois où durant ces deux dernières années de presque jachère sexuelle, l’occasion s’était présentée. Moi le trouvant responsable et posant les bonnes questions pour enfin donner le feu vert.

On avait bu pas mal de champagne.  Ce n’est pas une circonstance atténuante, c’est un fait. Je me revois bien pendant ces quelques secondes pesant le pour et le contre, croyant être en possession de tous mes moyens. Je suis passé à l’acte sans protection aucune. Pas un truc à la va vite, pas un truc glauque dans un bordel quelconque. Non, ça s’est passé juste chez moi, au chaud, confortablement, avec beaucoup de plaisir, de respect.

Là tout va bien. Je peux écrire sincèrement les trois paragraphes ci-dessus. Mais si j’avais été séropo aujourd’hui, je n’aurais sûrement pas écrit ce texte tout propre, tout beau, tout lisse. Je me serais effondré, écroulé. J’aurais été sûrement anéanti par la nouvelle et je ne sais pas dans quelle mesure j’aurais apostrophé mon partenaire, mon ami. Je l’aurais peut-être accablé de tous les reproches car comme il me l’a écrit aujourd’hui, des deux, le mauvais garçon ça aurait été lui.

Alors comment je peux faire aujourd’hui, la leçon aux autres en faisant la promo de la capote ? Ai-je perdu toute légitimité ? Je ne crois pas. Je suis passé à ça de la catastrophe. Je connais maintenant les détails intimes qui font qu’au dernier moment, on peut ne pas se protéger. Tout ce que j’ai lu, vu, entendu sur la protection lors d’un rapport sexuel n’a pas été oublié. Il s’est passé ce court instant, pas plus de quinze, trente secondes où on échappe à tous contrôles.

Donc, oui, protégez vous, prenez soin de vous. Encore et encore.

Je sais de quoi je parle.

~ par PascalR sur 15/02/2012.

24 Réponses to “Dépistage HIV”

  1. Oulala mais tu écrit ça un lendemain de Saint Valentin ! C’est chaud !

  2. oh… how dare you … big hug (oui parce que gros câlin ça fait vraiment tartignole) néanmoins j’ai déjà fait la même il y a 15 ans hein (il est devenu mon mari mais bon…. )

  3. Perdu de ta légitimité? Non, sans doute pas. Tes conseils sonneront plus « humains » à ceux qui les écouteront.
    Mais, si je peux me permettre une question perso: un autre court instant sans contrôle est-il encore possible? (je crois savoir de quoi je parle)

  4. @TT02 : Pas fait exprès hein! Mais aujourd’hui on est devenu aussi une France Forte !
    @Laurence : Merci, KOA ? Vous avez consommé AVANT le mariage #PapePasContent #Boutin #Toussa
    @Jérôme : Je vais tout faire pour que ça ne se reproduise pas #StockCapote

    • je suis une âme en perdition depuis longtemps et à mon avis, ça ne va pas s’arranger ! ;-))

  5. notre vie tient trop souvent, hélas, à ces quelques secondes d’abandon… secondes où la raison laisse la place à la passion, où le cerveau perd le contrôle pour le laisser au corps…
    on a tous merdé un jour.
    on a tous flippé en attendant les résultats.
    heureuse pour toi.
    bizzz

  6. Cela ma rapelle quelqu’un. Mais chut. :)
    Et tu ne perds pas ta légitimité bien au contraire.
    Mais je suis quand même surpris moi qui pensais que comme toutes les princesses tu ne vivais que d’amour et d’eau fraiche :)

  7. @Nadia : Tout va bien, merci pour ton message
    @Christophe : Je fais grave de la rétention d’eau alors je dois compenser autrement hin hin hin !

  8. J’suis passé par là aussi, je sais donc de quoi tu parles. L’angoisse des 6 semaines minimum, je ne l’ai pas ressentie. De toute façon, c’était fait et on ne pouvait qu’attendre. Par contre, une fois le test engagé et l’attente des résultats, c’est là qu’on commence à mesure tout l’impact des choses.

    On est humains, on commet tous des erreurs et on avance comme ça. Et malgré le fait d’être au courant des choses…

  9. Oui je connais aussi, contente que les résultats soient bons.

  10. Je t’ai déjà suffisamment engueulé là-dessus. Mais ce n’est pas parce que je suis redevenu sympathique avec toi que je ne suis plus en colère! TU ES UN GROS CON (enfin pas tout le temps quand même).

  11. EH bah moi non.

  12. @Sephiraph : Je vais tout faire pour que ça ne se reproduise pas.
    @Valérie de haute Savoie : Merci, c’est gentil.

  13. Non, tu n’es pas moins légitime. Qui n’a jamais, jamais, jamais déconné ? Parfois, 5 secondes, 10 secondes, le feu de l’action, l’impression que… Par contre, pourquoi ne pas avoir filé en centre hospitalier dans les heures suivantes pour expliquer le problème et peut être engager un TPE ?

    (sinon, dans la catégorie « erreur », comment va Elwé ?

  14. Mince alors, ça ne va pas !
    Heureusement tout se termine bien, mais quand même faut réfléchir. Si on n’a pas de quoi se protéger on peut quand même profiter d’un moment de plaisir sans prendre de risque.
    Je vais me fâcher contre toi Pascal, privé de Champagne et de câlins d’Elwë pour punition!!!!

  15. Je suis effondré de constater que raconté dans le détail cela pourrait m’arriver, malgré toutes mes certitudes sur le sujet. Ne sommes nous donc que de faibles êtres humains?
    PS : tu as été tagué sur agayfriday…

  16. @Rouge cerise : Tu es le 1er à en parler. Je suis inquiet pour tous les commentaires précédents. Il n’y a pas eu échange de « fluide » c’est pour ça. Et sinon j’ai appelé mon toubib le lendemain.
    @G L : Oui réfléchir je sais. :o(
    @Flavien : Faibles certes mais aussi irresponsables.

  17. J’avais lu ce billet le jour de sa publication et avais furieusement envie de répondre mais comme j’étais en train de jouer avec le chat, j’ai dû revoir mes priorités :)

    Donc, par où commencer ? Deux sentiments contradictoires.
    Premier point : une terrible envie de te mettre un puissant coup de pied (45 fillette) au croupion et de demander « mais putain de bordel de merde qu’est-ce qu’il t’est passé par la tête ??? ». Ok ok, j’ai bien lu : tu étais parfaitement consentant, tu te sentais en confiance toussa toussa… Mais par le Saint Stérilet de Madonna c’est de l’inconscience pure !! Je t’avoue ça m’a un peu foutu en rogne de te lire. (Peut-être parce que j’y décèle des bribes de ce que je pourrais moi-même faire un jour ? )

    Second point : envie, très naïvement, de te faire un rô câlin et de me réjouir, avec toi, que tu n’aies rien. Car, finalement, c’est ça le plus important.

  18. Ne t’inquiètes pas: tu n’as pas perdu ta légitimité, bien au contraire. Je crois que c’est en ayant eu une aussi grosse frayeur qu’on peut transmettre aux autres le fameux « attention! ». Car on a frolé l’angoisse du moment fatidique de très près et on peut la communiquer aux autres autrement qu’en donneur de leçon.
    Et je sais de quoi je parle: je me souviens encore de cette semaine attroce de mars 2001 où j’ai attendu mes résultats de test VIH et la joie immense que ce fut quand je les ai eu.
    Bises à toi.

  19. @Tambour Major : Je n’arrive qu’à lire le second point, rhaaaa y a encore l’informatique qui déconne !!!
    @Sam : L’angoisse de l’attente du résultat je la connaissais déjà bien avant. En contrôle de routine. Et bien cette angoisse là est tout aussi pénible que la dernière. Pas de hiérarchie.

  20. C’était une petite prise de risque parmi des centaines (dizaines ? quelques ?) d’autres situations où tu as été exemplaire, mais une prise de risque en trop quand même car les conséquences pouvaient être pires que tout. Comme disait Sephiraph, nous ne sommes qu’humains et on commet parfois des erreurs. D’ailleurs, même en étant passé par là, comment être absolument sûr que tu ne commettras plus jamais la même erreur, dans des circonstances que tu jugeras légèrement différentes ou même identiques ? C’est une vigilance qui doit être présente à chaque fois.

  21. Super ! je pense qu’on devrait trouver de bonheur chez capotes! J’aime bien M. capote quand un homme lui porte bien ;-) Merci pour ca.

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